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Les populations riveraines aux forêts peuvent gagner de l'argent à partir de la conservation, à condition d'avoir des droits fonciers clairement définis

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Yaoundé, Cameroun (22 Avril 2008) - Les experts des institutions forestières disent qu'afin d'assurer l'équité dans la mise en œuvre d'un nouveau plan de réduction de la déforestation, il est essentiel de clarifier les droits de propriété dans les forêts et leurs alentours.

Les scientifiques lancent un avertissement indiquant que ce plan pourrait aggraver la déforestation et la pauvreté si les communautés forestières ne sont pas impliquées dans les négociations et si elles n’obtiennent pas de droits d'accès aux terres forestières.

Ce plan, connu sous l'appellation Réduction des Emissions provenant du Déboisement et de la Dégradation des forêts, ou REDD, propose que les pays développés indemnisent les pays en voie de développement afin qu’ils conservent leurs forêts tropicales. Les scientifiques ont montré que la déforestation et la dégradation des forêts représentent 20% de la totalité des émissions de gaz à effet de serre.

« Les mécanismes REDD visant à indemniser les populations pour qu'elles ne convertissent pas leur forêt, sont un outil prometteur de jumelage de la conservation et du développement », a déclaré la Coordonnatrice Régionale du CIFOR, Cyrie Sendashonga. « Mais qui reçoit des paiements pour ne pas convertir la forêt si l'appartenance de la forêt n'est pas clairement défini ou si les droits fonciers ne sont pas reconnus? Les politiques de REDD ne devraient pas aboutir à des situations où les plus puissants acteurs s'emparent des terres forestières des communautés locales afin de pouvoir bénéficier des avantages de la conservation des forêts. »

Dans le Bassin du Congo, comme dans de nombreuses parties du monde, les droits fonciers traditionnels ne sont pas reconnus et très souvent les organisations communautaires ne participent pas aux débats sur les politiques d’exploitation forestières.

Le Cameroun, qui abrite 20 millions d'hectares de forêts tropicales qui font partie de la riche biodiversité du Bassin du Congo, a pris des mesures pour définir les droits fonciers de ces forêts. Ce pays d'Afrique Centrale a mis au point de nouveaux modèles pour la foresterie communautaire ainsi que pour les droits d'usage et d'accès des populations autochtones dans certains parcs nationaux, qui chevauchent des terres traditionnellement utilisées pour l’élevage et l’exploitation agricole.

À la fin des années 90, le gouvernement a lancé un programme de foresterie communautaire qui a permis aux communautés forestières de demander le droit d'exploiter le bois et autres produits forestiers dans leur région.

La réglementation excessive et la corruption, ont cependant empêché ces communautés d'en tirer des avantages significatifs.

Il en va de même pour les taxes forestières que les exploitants forestiers au Cameroun sont tenus de payer aux communes locales. En raison du peu de transparence, du faible niveau de responsabilisation et de la mauvaise gestion, ces fonds arrivent rarement dans les poches des personnes à qui elles sont destinées.

Selon le CIFOR, ces grands défis de gouvernance et institutionnels compromettre la répartition équitable des avantages de la REDD. Cela est susceptible d'entraîner non seulement plus de pauvreté, mais d’engendrer également plus de déboisement puisque les communautés marginalisées n'ont plus d'incitation à gérer durablement la forêt.

« Les communautés locales et les petits producteurs auront besoin d'un soutien si ils veulent avoir accès aux nouveaux mécanismes de la REDD sur un pied d'égalité avec les plus grands acteurs », explique René Oyono du CIFOR. « Cela veut dire : renforcement des capacités, création des liens avec les organisations locales et assurance de l'accès aux informations pertinentes."

Pour une mise en œuvre réussie de la REDD, le CIFOR conseille de :

  • Clarifier les droits et responsabilités liés aux forêts ;
  • Améliorer les procédures de prise de décision ;
  • Renforcer les capacités des institutions nationales et locales.

Le CIFOR lance également un appel aux démarches afin de s'assurer que les nouvelles politiques climatiques n'excluent pas les communautés forestières pauvres de leur base de ressources.

« Les communautés forestières tirent leur subsistance de la forêt et notre désire de  réduire les émissions de carbone à base forestières ne devrait pas avoir une incidence négative sur les moyens d'existence des ces populations», a déclaré Mme Sendashonga. "Nous avons besoin d'un équilibre entre la réduction des émissions de carbone et la réduction de la pauvreté."

Les plans de commercialisation du carbone à l'instar de REDD été à l'ordre du jour lors des réunions internationales sur le changement climatique récemment, et ils ont été un thème central, en décembre, lors d'une conférence sur le climat à Bali, en Indonésie.

Les forêts du Bassin du Congo, qui constituent la deuxième plus grande forêt humide et dense tropicale du monde après l'Amazonie, sont plus affectés par la dégradation des forêts que par la déforestation. Toutefois, la croissance de la population et des infrastructures pourrait bien accentuer la déforestation dans la région.

« Une biodiversité extrêmement riche et l'extrême pauvreté sont des éléments frappants qui caractérisent les paysages du Bassin du Congo », a déclaré Mme Sendashonga. « Avec une population en pleine croissance et les pays passionnés pour le développement, le véritable défi est de trouver un équilibre entre la croissance économique et la conservation des forêts. Potentiellement la REDD présente cet équilibre, mais de nombreux obstacles doivent être surmontés pour que ces mécanismes soient efficaces »

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Téléchargez le document: Do Trees Grow on Money? The implication of deforestation research for policies to promote REDD
www.cifor.cgiar.org/publications/pdf_files/Books/BKanninen0701.pdf 

Téléchargez Governance Brief: Improving Decentralized Forest Management in Cameroon : Options and Opportunities from Ten Years of Experience
www.cifor.cgiar.org/publications/pdf_files/govbrief/GovBrief0733E.pdf 

Version française: Correctifs pour la Gestion Décentralisée des forêts au Cameroun: Options et Opportunités de Dix Ans d'Expérience
www.cifor.cgiar.org/publications/pdf_files/govbrief/GovBrief0733F.pdf 

Pour plus d'informations:

Janneke Romijn,
j.w.romijn@cgiar.org
Centre pour la Recherche Forestière Internationale
Bureau régional de l'Afrique centrale, Yaoundé, Cameroun
Tél: (237) 2222 74 49 / Mobile: (237) 9644 0576
www.cifor.cgiar.org 


James Clarke
Media Liaison and Outreach Manager
CIFOR, Jalan CIFOR
Situ Gede, Sindang Barang
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Center for International Forestry Research (CIFOR)
CIFOR advances human wellbeing, environmental conservation and equity by conducting research to inform policies and practices that affect forests in developing countries. CIFOR is one of 15 centres within the Consultative Group on International Agricultural Research (CGIAR).